Génocide en Palestine : Gaza bombardée menacée de famine

Quoique décriée par l’opinion internationale qui organise chaque jour des manifestations immenses dans de nombreux pays de la planète, l’entité sioniste refuse d’arrêter ses bombardements contre le peuple palestinien soumis à une opération génocidaire qui va se poursuivre « tout au long » de l’année 2024, selon les responsables sionistes.
De nouveaux bombardements de l’armée sioniste sur la bande de Gaza ont fait de nombreux morts samedi, alors que les Gazaouis sont confrontés depuis bientôt trois mois à des frappes aériennes et à de graves pénuries de nourriture, d’eau, de carburant et de médicaments alors que l’aide humanitaire entre au compte-gouttes dans le territoire assiégé, ce qui fait planer une situation de famine, toujours selon l’ONU, un précédent unique dans l’histoire de l’humanité.
L’armée de l’air sioniste a donc mené de nouvelles frappes samedi sur la bande de Gaza assiégée et dévastée, où des dizaines de Palestiniens ont péri ces dernières 24 heures, l’ONU qualifiant le territoire de « lieu de mort inhabitable ».
L’incessant pilonnage sioniste a fait 22.722 morts à Gaza, majoritairement des femmes, enfants et adolescents, et plus de 58.000 blessés, selon un dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas. Parmi eux, 122 personnes ont été tuées ces dernières 24 heures, d’après cette source.
« Cycle de la mort »
Devant sa maison bombardée de Deir el-Baleh, dans le centre du territoire, Mohammad al-Attar accuse l’entité sioniste de « crimes de guerre ». « Le corps d’une petite fille » gît encore sous les décombres, affirme-t-il. « Ils ont tué nos enfants, ils ont tué nos proches », se lamente plus au sud une femme, devant l’hôpital européen de Khan Younès, où affluent les corps de victimes. A l’intérieur de l’hôpital, des parents pleurent près des dépouilles de leurs enfants.
Des frappes ont aussi ciblé la nuit et tôt samedi Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza où ont afflué des centaines de milliers de Palestiniens fuyant les opérations militaires plus au nord.
L’offensive sioniste a rasé des quartiers entiers de Gaza soit plus de 300 000 logements, et déplacé 1,9 million de personnes – 85% de la population d’après l’ONU – qui manquent d’eau, de nourriture, de médicaments et de soins, avec des hôpitaux pour la plupart hors-service.
La bande de Gaza est « tout simplement devenue inhabitable », et ses habitants « font face à des menaces quotidiennes sous les yeux du monde », a déploré le coordinateur des affaires humanitaires de l’ONU, Martin Griffiths.
Selon l’Unicef, les combats, la malnutrition et la situation sanitaire ont créé « un cycle de la mort qui menace plus de 1,1 million d’enfants » dans ce petit territoire surpeuplé et paupérisé, déjà soumis par l’entité sioniste à un blocus aérien, maritime et terrestre depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas, en 2007. « Nous continuons de demander une fin immédiate au conflit » a insisté M. Griffiths. « Israël a proclamé son objectif d’éradiquer le Hamas. Il doit y avoir un autre moyen d’éradiquer le Hamas qui ne provoquerait pas autant de morts », a également plaidé samedi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, en visite au Liban.
« Année de combats »
Israël reste toutefois inflexible. Dans un plan qu’il a présenté jeudi, son ministre de la Défense, Yoav Gallant, prévoit la poursuite de l’ offensive jusqu’au « retour » des otages et « l’élimination » des capacités militaires du Hamas, classé « groupe terroriste » par les Etats-Unis et l’Union européenne.
« 2024 sera une année de combats », a prévenu vendredi le porte-parole de l’armée israélienne Daniel Hagari, alors que les tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza vers Israël continuent, même s’ils sont moins intenses.
Quant à la frontière avec le Liban, M. Hagari y a fait état d’un « très haut niveau de préparation » des troupes.
Depuis le 8 octobre, les échanges de tirs quasi-quotidiens entre le Hezbollah, allié du Hamas, et les forces israéliennes ont fait 180 morts au Liban, dont 134 combattants du mouvement chiite, selon un décompte de l’AFP.
Et la tension est encore montée d’un cran avec avec l’élimination mardi du numéro deux du Hamas Saleh al-Arouri, dans la banlieue sud de Beyrouth, un fief du Hezbollah.
Dans ce contexte, Josep Borrell a jugé lors de sa visite à Beyrouth « absolument nécessaire d’éviter que le Liban ne soit entraîné dans un conflit régional ».
Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, s’est lui entretenu à Istanbul avec le président Recep Tayyip Erdogan – pourfendeur d’Israël et du soutien que lui apporte Washington – avant d’entamer hier à Amman une tournée dans des pays arabes et en Israël.
Dans un message vidéo adressé au chef de la diplomatie américaine, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, basé au Qatar, a appelé M. Blinken à « se concentrer sur la fin » de l’offensive israélienne et la « fin de l’occupation de l’ensemble de la terre palestinienne ».
L’avenir de la bande de Gaza » sera « déterminé par le peuple palestinien et non par Israël », a pour sa part déclaré samedi Hussein al-Sheikh, un haut responsable de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, en réponse aux pistes pour l’après-guerre présentées jeudi par M. Gallant, prônant que l’administration de Gaza soit confiée à des « entités palestiniennes » mais excluant le Hamas. « Tous les scénarios proposés » par Israël « ne mèneront qu’à l’échec », a-t-il insisté sur X.
Le petit territoire palestinien surpeuplé dont 85% des 2,3 millions d’habitants ont dû quitter leur logement pour fuir les combats et les bombardements, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), est en train de subir l’une des plus grands génocides de l’histoire humaine ponctué par de graves atteintes aux droits de l’homme et à des crimes de guerre inédits dans l’histoire. Prétendant détruire, l’entité sioniste est en train de mener une opération génocidaire qui comprend des bombardements à coups de missiles d’une tonne sur des maisons, des infrastructures hospitalières, des écoles, des mosquées, ainsi que des ciblages d’enfants, de journalistes, des coupures d’eau, d’électricité, de gaz, et de l’interner dans le but d’affamer ou de chasser les habitants résilients qui refusent de partir.

