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Génocide en Palestine : Une offensive sur Rafah ferait « des dizaines de milliers » de victimes

Le Hamas a averti hier qu’une offensive sioniste sur Rafah pourrait faire « des dizaines de milliers de morts et de blessés » dans cette ville du sud de la bande de Gaza, dernier refuge pour des centaines de milliers de civils palestiniens que le Premier ministre israélien a annoncé vouloir évacuer.
De nouvelles frappes israéliennes ont visé hier Rafah, où vivent à présent plus de 1,3 million de Palestiniens, selon l’ONU, en grande majorité des civils ayant fui la guerre qui fait rage depuis quatre mois entre Israël et le Hamas. Après avoir ordonné mercredi à son armée de préparer une offensive sur Rafah, le Premier ministre sioniste Benjamin Netanyahu lui a demandé vendredi de lui soumettre un « plan combiné » d' »évacuation » des civils et de « destruction » du mouvement islamiste palestinien dans cette ville. « Nous mettons en garde contre une catastrophe et un massacre qui pourraient aboutir à des dizaines de milliers de martyrs et de blessés », a déclaré samedi le Hamas.
Le ministère de la Santé du Hamas a dénombré hier 117 morts en 24 heures à travers la bande de Gaza. Des combats se déroulent en particulier dans l’enceinte de l’hôpital Nasser de Khan Younès, le plus grand du sud de Gaza à présent assiégé par les chars sionistes, où se trouvent encore 300 membres du personnel hospitalier, 450 blessés et 10.000 déplacés, selon le ministère. Des témoins ont signalé des tirs de chars ininterrompus durant la nuit et samedi dans l’enceinte, ainsi que des tirs de soldats sionistes embusqués et de drones. Depuis octobre 2023, la guerre génocidaire sioniste contre le peuple palestinien a obligé 1,7 million de personnes, selon l’ONU, sur un total de 2,4 millions d’habitants, à fuir leur foyer, beaucoup d’entre eux déplacés plusieurs fois à travers le territoire dévasté, assiégé par Israël et plongé dans une crise humanitaire majeure.
Dans la ville de Gaza, dans le nord, une petite fille de six ans, Hind Rajab, disparue depuis près de deux semaines au milieu des combats, a été retrouvée morte hier dans une voiture, dans le quartier de Tel al-Hawa. La famille a indiqué que la fillette et d’autres proches étaient en voiture lorsqu’ils se sont retrouvés face à des chars qui ont ouvert le feu. Hind avait dans un premier temps survécu, comme en atteste un appel téléphonique passé à sa famille, alors que les autres passagers étaient morts.
Après la ville de Gaza puis Khan Younès, l’entité sioniste vise désormais une opération au sol à Rafah. Cette ville adossée à la frontière fermée avec l’Egypte abrite des centaines de milliers de Palestiniens qui ont fui les bombardements et les combats depuis le nord du petit territoire à mesure qu’ils se déplaçaient vers le sud. Ils sont à présent massés, menacés en plein hiver par la famine, la soif, le froid et les épidémies, dans la ville transformée en un gigantesque campement.
« Il est impossible d’atteindre l’objectif de la guerre sans éliminer le Hamas et en laissant quatre bataillons du Hamas à Rafah » et cela requiert que « les civils évacuent les zones de combat », a déclaré vendredi dernier Benjamin Netanyahu. « Les lieux sûrs ne sont que des mensonges », a témoigné Fadel Ghanem, dont la maison à Rafah a été détruite par une frappe qui a tué son fils et ses petits-enfants. « Il n’y a pas eu d’avertissement préalable », a-t-il affirmé. « C’étaient tous des civils. Des enfants et leur père. Le plus âgé avait onze ans ». « Forcer plus d’un million de Palestiniens déplacés à Rafah à évacuer à nouveau sans trouver un endroit sûr où aller serait illégal et aurait des conséquences catastrophiques », a averti Nadia Hardman, spécialiste des droits des migrants et des réfugiés pour Human Rights Watch.
L’ONU et même les Etats-Unis, principal allié de l’entité sioniste, s’inquiètent du sort des civils. Le président Joe Biden a jugé « excessive » jeudi la « riposte dans la bande de Gaza » à l’attaque du 7 octobre. Hier, l’Arabie saoudite a mis en garde contre les « répercussions extrêmement dangereuses » qu’aurait une offensive sur Rafah, ajoutant que le Conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir d’urgence « pour empêcher l’Etat hébreu de provoquer une catastrophe humanitaire imminente ». L’Allemagne a mis en garde contre une « catastrophe humanitaire annoncée », tandis que la Jordanie a dit rejeter le « déplacement des Palestiniens à l’intérieur ou à l’extérieur de leurs terres ».
De nouvelles discussions entre des représentants du Qatar et de l’Egypte, deux des pays médiateurs aux côtés des Etats-Unis, et le Hamas pour tenter de parvenir à un accord de trêve incluant un échange de prisonniers palestiniens et d’otages, ont pris fin vendredi au Caire. Un responsable du Hamas a déclaré que le mouvement « attendait une réponse » de l’entité sioniste.
Environ 250 personnes ont été enlevées en Israël le 7 octobre et emmenées à Gaza. Une trêve d’une semaine en novembre avait permis la libération de 105 otages et de 240 prisonniers palestiniens. 132 otages seraient toujours détenus à Gaza, dont 29 seraient morts. Selon le site Axios, le directeur de la CIA William Burns doit se rendre la semaine prochaine en Egypte pour poursuivre les efforts en vue d’une trêve.

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