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Plombée par la baisse des aides publiques : La voiture électrique perd des parts de marché en Europe

Après une forte hausse des ventes de véhicules électrique sur l’ensemble de l’année 2023, la dynamique bat de l’aile.
Si en décembre, l’électrique a connu une augmentation de 28,9% de ses ventes sur un an, il perd des parts de marché et ne représente plus que 11% du parc automobile contre 14,6% en 2023. Après une chute de 16,9% des ventes en décembre sur un an dans l’Union européenne, le marché des véhicules électriques a bien connu un rebond : 92.741 voitures électriques ont été vendues au mois de janvier, soit une augmentation de 28,9% sur un an. Mais il s’agit en réalité d’un trompe-l’œil. En effet, dans le total des ventes de véhicules sur le marché européen, la part des voitures électriques ne représente finalement que 10,9% au mois de janvier, selon les chiffres publiés mardi par l’Association des constructeurs européens. Et ce, alors qu’elle avait atteint 14,6% sur l’année 2023. Cette perte de vitesse s’explique notamment par la hausse de 4% des ventes de voitures  essence. Les motorisations diesel, malgré un recul de ventes de 4,9% sur un an en janvier, sont repassées devant l’électrique avec 13,4% de part de marché. Elles avaient pourtant connu une véritable chute libre depuis plusieurs années. La part des voitures hybrides (essence et diesel), elle, a également légèrement reculé par rapport à 2023, à 28,8% du marché, derrière l’essence (35,2%).

Le rebond de l’électrique en décembre fait lui-même suite à plusieurs mois de baisse. La principale raison de la baisse des ventes est à chercher du côté des subventions accordées par les pays européens pour l’achat d’un véhicule électrique. En Allemagne par exemple, l’un des plus gros marchés du Vieux continent, les ventes ont fortement diminué depuis l’arrêt brutal le 13 décembre dernier des aides accordées à l’achat de véhicules électriques à hauteur de 4.500 euros pour les véhicules de moins de 40.000 euros et de 3.000 euros pour ceux allant jusqu’à 65.000 euros. Avant l’Allemagne, la Norvège avait également décidé de couper le robinet des subventions fin 2022, ce qui avait entraîné une baisse immédiate des ventes de véhicules électriques de plus de 75 % le premier mois ! En France, le gouvernement a décidé début février de baisser le bonus réservé à l’achat de voitures électriques neuves de 1.000 euros, passant de 5.000 euros à 4.000 euros, pour les ménages aisés. Concernant les entreprises, le bonus écologique est aussi supprimé pour les voitures particulières des sociétés et passe de 4.000 euros à 3.000 euros pour les entreprises qui achètent des camionnettes électriques. Cette diminution des aides reflète en réalité l’urgence de maintenir le budget dans l’enveloppe initiale de 1,5 milliard d’euros destinée au verdissement de la mobilité.

Le gouvernement a aussi suspendu le «leasing social». Lancé en décembre dernier par Emmanuel Macron, il s’agit d’un dispositif de location avec option d’achat (LOA) à moins de 100 euros par mois pour les citadines, et 150 euros pour les familiales (hors assurance et entretien). L’Elysée a annoncé le 12 février la suspension de cette mesure pour 2024 après avoir été victime de son succès. Le gouvernement a indiqué avoir «dépassé» ses objectifs initiaux de 20.000 véhicules, avec plus de 50.000 commandes validées. A noter cependant, l’opération devrait redémarrer fin 2024 pour l’année 2025. «Il y aura une deuxième vague en fin d’année ou au début de l’année prochaine. De nouveaux modèles sortiront en fin d’année. On veut se donner un peu de temps aussi pour réfléchir à ce qui a fonctionné», avait ainsi déclaré Christophe Béchu.

Au total, le marché automobile européen électrique et thermique a affiché 851.690 ventes en janvier. Dans le détail, le groupe Stellantis a vu sa part de marché remonter fortement à 19,1%, porté par un rebond de Peugeot, Opel et Citroën, alors qu’il avait terminé l’année 2023 avec 17,8% du marché. Le leader Volkswagen recule légèrement à 25,9%. Le marché automobile européen connaît une hausse de ses ventes de 12,1% par rapport à un mois de janvier 2023, mais reste à un niveau très bas. Et pour cause, ce dernier a connu un volume de vente historiquement bas en début d’année 2023 à cause des pénuries de puces électroniques et des problèmes logistiques. Ainsi, les principaux marchés comme l’Allemagne, l’Italie, la France ou l’Espagne ont tous connu de fortes hausses de ventes sur un an, s’expliquant par le fait qu’ils reviennent de loin. De manière générale, 2024 devrait être marquée par une baisse des ventes. De fait, les prises de commandes ont enregistré l’an passé une baisse de 9%, laissant présager une chute similaire des immatriculations en 2024. Et ce, du fait de l’impact sur les consommateurs des taux d’intérêt élevés qui limitent les crédits auto, mais aussi de l’augmentation de 7 % des prix des véhicules par rapport à 2022, selon les chiffres du cabinet AAA data. À cela, s’ajoute l’attentisme des Français après les multiples revirements du gouvernement sur les Zones à faibles émissions (ZFE).

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