Génocide en Palestine : Combats meurtriers dans le plus grand complexe hospitalier de Gaza

L’armée sioniste a affirmé avoir tué lundi 20 combattants palestiniens et arrêté des dizaines d’autres lors d’une vaste opération contre le plus grand complexe hospitalier de la bande de Gaza, qui a poussé des centaines de civils à fuir le secteur bombardé.
La nouvelle opération contre l’hôpital al-Chifa de la ville de Gaza dans le nord du territoire palestinien assiégé a lieu alors que les inquiétudes s’amplifient face à la catastrophe humanitaire provoquée par plus de cinq mois de guerre menée par l’entité sioniste contre toute la population de la bande de Gaza au prétexte de combattre le mouvement islamiste Hamas.
La bande de Gaza est devenue un « cimetière à ciel ouvert », a affirmé le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Josep Borrell, ajoutant que « la famine (était) utilisée comme arme de guerre ». L’ONG Oxfam a accusé elle l’entité sioniste d’empêcher « délibérément » l’entrée de l’aide humanitaire dans le petit territoire, où selon l’ONU 2,2 millions des 2,4 millions d’habitants sont menacés de famine. Après avoir utilisé la privation de nourriture, d’eau et d’électricité comme armes de guerre afin de tuer le maximum de personnes, l’entité sioniste est forcée de laisser entrer les aides apportées par les Occidentaux par voie maritime. L’entité sioniste « autorise une importante aide humanitaire à Gaza, par terre, air et mer », a rétorqué le ministre sioniste des Affaires étrangères, Israël Katz. Pour éviter la mort de centaines de milliers de personnes, les Occidentaux n’avaient pas d’autres choix que de forcer la main a l’entité sioniste et d’envoyer des navires humanitaires.
En lançant son opération avant l’aube contre le complexe hospitalier d’al-Chifa dans le quartier al-Rimal, l’armée sioniste a affirmé que « des terroristes haut-gradés du Hamas » s’y trouvaient. L’armée sioniste a appelé les civils à évacuer le secteur, alors que selon le ministère de la Santé du Hamas, « des dizaines de milliers » de personnes se trouvent dans le complexe où vivent des personnes déplacées par la guerre. Des combats accompagnés de bombardements aériens et à l’artillerie ont commencé autour et dans ce complexe, que l’armée avait pris d’assaut le 15 novembre avant de s’en retirer.
Selon des habitants, plus de 45 chars et véhicules blindés de transport de troupes sionistes sont entrés dans al-Rimal. Des frappes aériennes ont visé plusieurs bâtiments aux abords de l’hôpital et des centaines de personnes, en majorité des enfants, des femmes et des personnes âgées ont fui leur domicile. « Vingt terroristes ont été éliminés jusqu’ici à l’hôpital al-Chifa dans les affrontements et des dizaines de suspects interpellés sont interrogés », a indiqué l’armée sioniste, en affirmant avoir tué Fayq Al-Mabhouh, présenté comme un « responsable de la coordination d’activités terroristes du Hamas ».
Depuis le début de la guerre, les hôpitaux de Gaza sont souvent pris pour cible par l’armée sioniste qui accuse le Hamas d’utiliser les civils comme boucliers humains. « Terriblement préoccupée » par les combats dans le complexe d’al-Chifa, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a noté que l’établissement « venait juste de reprendre un service minimum de soins ».
Les opérations militaires sionistes ont fait jusqu’à présent 31.726 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas. Après des mois d’efforts infructueux des trois pays médiateurs -Etats-Unis, Qatar et Egypte- pour parvenir à une trêve, le chef des services de renseignement sionistes, le Premier ministre du Qatar et des responsables égyptiens devraient se rencontrer lundi à Doha, selon une source proche des négociations. Le Hamas s’est dit prêt à une trêve de six semaines pendant laquelle 42 otages seraient libérés en échange de 20 à 50 Palestiniens incarcérés par l’entité sioniste.
Le Premier ministre sioniste Benjamin Netanyahu, déterminé à poursuivre l’offensive jusqu’à l’élimination du Hamas, a indiqué qu’il n’accepterait pas un accord qui rend Israël « incapable de se défendre ». En dépit des pressions internationales, son armée continue les préparatifs en vue d’une opération terrestre à Rafah, une ville dans l’extrême sud du territoire, abritant selon l’ONU près de 1,5 million de Palestiniens la plupart des déplacés, piégés contre la frontière fermée avec l’Egypte.
- Netanyahu a dit dimanche que son armée ne lancerait pas une telle opération tant que la population serait « enfermée sur place ». Lors d’une conversation téléphonique lundi entre lui et Joe Biden, le président américain a discuté de « la situation à Rafah et des efforts pour augmenter l’aide humanitaire dans la bande de Gaza ».
Une situation alimentaire « catastrophique »
L’entité sioniste a imposé un siège total à Gaza depuis le 9 octobre et contrôle l’entrée de l’aide humanitaire. Cette aide arrive principalement depuis l’Egypte via Rafah, mais reste très insuffisante face aux besoins immenses de la population et parvient très difficilement jusque dans le nord, où vivent actuellement plus de 300.000 personnes selon l’ONU. Un habitant sur deux dans le territoire, soit plus d’1,1 million de personnes, connaît une situation alimentaire « catastrophique », en particulier dans le nord où la famine sévira d’ici mai en l’absence de mesures « urgentes », ont prévenu les agences spécialisées de l’ONU.
Face à l’urgence humanitaire, plusieurs pays ont organisé des parachutages, devenus quotidiens, et ouvert un couloir maritime depuis Chypre, mais tous soulignent que ces voies d’approvisionnement ne peuvent se substituer aux routes terrestres.

