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Génocide en Palestine : A Rafah, la mort vient du ciel avant l’assaut terrestre annoncé

Neuf personnes, parents et enfants d’une même famille, ont péri dans une frappe sioniste sur leur maison. A Rafah, la mort vient du ciel avant l’assaut terrestre annoncé par l’Etat hébreu sur la ville du sud de la bande de Gaza.  Avant que n’éclate la guerre menée par l’entité sioniste en octobre l’an dernier, Rafah, dont les faubourgs lèchent la frontière égyptienne, comptait 250.000 habitants. Les Nations unies en recensent aujourd’hui environ 1,5 million – sur les 1,7 million de déplacés sur l’ensemble du territoire côtier, dont un million vivent sous des tentes ou à proximité d’abris déployés par les ONG. Repoussés toujours plus au sud par la guerre, ils sont aujourd’hui entassés dans des conditions extrêmement précaires à Rafah, où manquent eau, vivres, médicaments et logements. Et désormais souvent, comme dans la nuit de vendredi à samedi, alors que la ville est restée des mois durant le dernier refuge de Gaza, elle est visée par des frappes sionistes. La famille Radwan, parents, frères, sœurs et cousins, dormait quand la mort les a saisis. « Neuf martyrs, dont six enfants, ont été extraits des décombres » de leur maison, dans le quartier de Tal al-Sultan, a déclaré le porte-parole de la Défense civile de Gaza, Mahmoud Bassal, dans un communiqué. Six enfants âgés de un à 16 ans figurent parmi les morts, ainsi que deux femmes et un homme, a précisé l’hôpital Al-Najjar où ils avaient été admis.
A l’extérieur de l’hôpital, un journaliste de l’AFP a vu des proches pleurer les défunts et se recueillir devant de petits sacs mortuaires en plastique blanc. Une femme a caressé le front d’un garçon mort alors que des avions grondaient au-dessus d’elle. « Les gens dormaient paisiblement », a témoigné un voisin, Abou Mohammed Ziyadah. « Comme vous pouvez le voir, il n’y avait pas de combattants, pas même d’hommes adultes, à l’exception du chef de famille. Il n’y avait que des femmes et des enfants », a-t-il dit sur place. Non loin de là, Wissam al-Arja a vu sa dernière heure arriver: un officier sioniste l’a appelé pour lui dire de quitter son logement dans les 15 minutes, car l’armée allait la bombarder. Une heure après cet appel, une bombe tombait sur l’immeuble. Avec ses proches, il fouillait les décombres samedi pour tenter de récupérer quelques affaires: là un manteau couvert de poussière extirpé des ruines par un enfant, ici des couvertures, une tasse, une casserole, intactes malgré le déluge de feu.

Les routes fermées

Peu après le début de la guerre dans la bande de Gaza, le 7 octobre, l’entité sioniste a demandé aux Palestiniens vivant dans le nord de se rendre dans des « zones de sécurité » situées dans le sud, comme Rafah. Or là où ils allaient ils étaient bombardés. Six mois plus tard, Rafah où l’entité sioniste a obligé les Palestiniens à s’entasser, est sous la menace d’une offensive terrestre imminente. Le Premier ministre sioniste, Benjamin Netanyahu, s’est dit déterminé à lancer l’assaut sur la ville où, selon lui, se concentreraient quatre bataillons du Hamas. Mais les ONG et un nombre croissant de chancelleries étrangères s’opposent à cette opération, craignant qu’elle ne fasse de nombreuses victimes civiles. Le porte-parole de la Défense civile de Gaza a souligné que des frappes avaient touché plusieurs zones à Rafah au cours de la nuit, y compris le quartier de Salam où une personne a été tuée et plusieurs autres blessées.
Les maisons visées n’abritaient aucun élément du Hamas, et le but sioniste est de faire des morts et de détruire des habitations et des infrastructures comme ils l’ont fait pour près de 80% des immeubles, du bâti et des infrastructures, transformés en ruines. Le porte-parole de la Défense civile de Gaza a ajouté que l’armée sioniste avait frappé une maison et une école maternelle. « La nuit a été très dure pour le gouvernorat de Rafah », a-t-il déclaré. Les frappes et l’offensive terrestre sionistes sur la bande de Gaza ont fait 34.049 morts, en majorité des femmes et des enfants, selon un bilan du ministère de la Santé du Hamas publié samedi. Samedi, des médias sionistes ont affirmé que 250.000 personnes avaient récemment quitté Rafah en direction du nord, à la faveur du retrait par l’entité sioniste de l’essentiel de ses troupes au sol.
Le Cogat, organisme du ministère sioniste de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, n’a pas commenté ces chiffres. « C’est faux », a en revanche réagi un porte-parole du gouvernement du Hamas. « Les déplacés ne sont pas retournés chez eux parce que l’occupation (l’armée sioniste) a fermé les routes » reliant le sud au nord de Gaza, a déclaré à l’AFP Mael al-Thawabta.

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