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D’une valeur historique inestimable : Le ksar Tounzmer à Naâma, un patrimoine architectural amazigh en quête de valorisation

Le ksar Tounzmer, au sud-est de Naâma, un patrimoine architectural amazigh d’une valeur historique inestimable, nécessite une étude archéologique et historique approfondie pour sa protection et valorisation, selon des chercheurs et des responsables du secteur.

Des vestiges ont été récemment découverts au niveau de ce ksar, considéré comme l’un des authentiques patrimoines architecturaux amazighs, dont la région des oasis de l’Atlas saharien, au sud de la wilaya, regorge. Le ksar se distingue par une technique de construction à base de roches, d’argile, des plafonds planes et des tours à base carrée, a souligné le chercheur spécialiste du patrimoine et de la culture amazighe, acteur du mouvement associatif, Ahmed Aggoune. Ces sites archéologiques sont sujets à une détérioration due à des facteurs naturels et humains, ce qui nécessite « de toute urgence » l’élaboration d’études et de recherches sur le terrain, qui mettent en lumière son histoire et ses particularités par des spécialistes en archéologie, anthropologie, urbanisme et architecture, a-t-il souligné. La protection de ce patrimoine matériel constitue l’une des priorités du secteur culturel de la wilaya, qui a pris des mesures concrètes d’accompagnement d’une équipe de recherche spécialisée, en coordination avec le Centre universitaire de Naâma et l’université de Tlemcen, qui va mettre en place une banque de données pour répertorier ces biens culturels, y compris les ksour, les sites et les monuments bâtis, dans un répertoire de photos et les inclure dans le portail électronique du ministère de tutelle. La même direction, en coordination avec d’autres instances, notamment des laboratoires universitaires et des associations, organise des forums et des séminaires sur les méthodes et moyens de préservation, de documentation et d’entretien de ce patrimoine ancien, en plus de mener des visites de terrain et des études pour initier ces opérations de restauration et contribuer à la production de films documentaires présentant ce patrimoine, a-t-on appris du chef du service du patrimoine à la Direction de la culture et des arts, Larbi Mansour.

 

La mémoire collective préserve cet héritage

 

Certains chouyoukh de la localité d’Aïn Ouarka, dans la commune d’Asla, conservent encore le nom berbère du ksar Tounzmer, édifié à proximité d’une oasis de palmiers d’ombrage dans une zone montagneuse difficile d’accès et entourée des monts Chamarikh, Bouleghfad Chamla et Medour. Le chercheur Labter Kada, coordinateur du département d’archéologie à l’institut des sciences humaines et sociales du Centre universitaire de Naâma, estime que le style architectural amazigh du ksar Tounzmer et d’autres comme ceux de Boussemghoun, du roi Souleimene, dans la commune d’El Bnoud (El-Bayadh), et Hadjadj, au nord de la commune de Tiout (Naâma), les palais de Fandi et Bouiali, au sud de la commune de Beni Ouenif (Béchar), témoignent d’une ancienne civilisation connue dans le Sud-ouest du pays, ce qui nécessite, a-t-il dit, davantage d’efforts pour la protéger et la valoriser. Ces ksour de style architectural amazigh partagent un caractère urbain traditionnel commun en ce qui concerne les matières premières locales utilisées dans la construction des maisons et les couloirs qui les relient, sachant que des preuves de chacun d’eux existent encore, aujourd’hui, résistant aux facteurs du temps et de la nature rude. Il est à noter que la population amazighe de la région a innové dans les techniques des arts urbains, en s’appuyant sur l’exploitation des matériaux locaux dont elle disposait et en utilisant les compétences des artisans et constructeurs venus dans la région, qui ont beaucoup ajouté à ces ksour, sachant que leur aspect esthétique met en valeur leurs appartenances sociales et culturelles. Des sources indiquent que le ksar de Tounzmer a été construit entre le Xe et le XIe siècle par la tribu berbère des Zenata.

 

Un mode architectural aux accents amazighs

 

Le ksar de Tounzmer, dont certains éléments (fondations et vestiges de murs, tours et ruelles) résistent encore aux outrages du temps, a été construit sur un haut plateau de calcaire connu localement sous le nom de Kadan sans être poli. Ses résidences sont reliées par un mur extérieur, tandis que la plupart des unités intérieures du ksar sont recouvertes de pierres, qui se sont effondrées de manière à suggérer qu’il a été exposé à un moment donné à des actes de vandalisme. Ce qui attire l’attention est que ce ksar a été construit dans un endroit qui lui permet d’être protégé des inondations des oueds et de préserver les terres agricoles au sol argileux. Au sommet, des ruines ont été trouvées ressemblant à une mosquée qui formait le noyau central et spirituel du ksar. A sa proximité, se trouvaient des habitations entrelacées, dont aucune n’était plus haute que l’autre le long de la colline, qui se termine par un groupe de tours défensives et une muraille extérieure. Quant aux ruelles, leur planification a pris en compte la résistance aux vents et aux tempêtes de sable, la protection contre les canicules, ainsi que la modération de leur pente pour permettre l’utilisation des bestiaux pour le déplacement et le transport, ont souligné les mêmes sources historiques.

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