Les dirigeants européens exhortent à mettre fin aux attaques dans la bande de Gaza
Alors que l’armée sioniste intensifie ses opérations militaires dans la bande de Gaza, un nombre croissant de dirigeants européens ont exprimé leur profonde inquiétude face à l’aggravation de la situation humanitaire, exhortant l’entité sioniste à « inverser sa politique actuelle » et demandant une intervention humanitaire urgente.
Samedi, Antonio Costa, le président du Conseil européen, a exprimé sa consternation sur les réseaux sociaux, se disant « choqué » par les développements dans la bande de Gaza et exigeant la fin des violences. Il a demandé au gouvernement sioniste de lever le blocus et d’assurer un accès sûr, rapide et sans entrave à l’aide humanitaire. Exprimant son choc face aux informations quotidiennes faisant état d’attaques en provenance de l’enclave palestinienne, il a appelé l’entité sioniste, puissance occupante, à lever d’urgence le blocus. « Les nouvelles quotidiennes en provenance de la bande de Gaza me choquent, a-t-il déclaré dans un communiqué publié samedi. Des civils meurent de faim et les hôpitaux sont bombardés à répétition. La violence doit cesser ! » « Le gouvernement israélien doit lever le blocus immédiatement et garantir un accès sûr, rapide et sans entrave à l’aide humanitaire. Une population entière est soumise à une force militaire disproportionnée et le droit international est systématiquement violé », a-t-il ajouté, insistant sur le fait qu’un cessez-le-feu durable et la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers sont plus urgents que jamais.
Il faut « arrêter le massacre dans la bande de Gaza », a déclaré samedi le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. « Cela suffit », a lancé le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani. Nous devons dire au gouvernement israélien : ça suffit ». Et d’ajouter : « Nous ne voulons plus voir souffrir la population palestinienne. Les attaques (dans la bande de Gaza, NDLR), ça suffit, parvenons à un cessez-le feu ». « Dans la bande de Gaza, la situation des Palestiniens est plus qu’atroce et plus qu’inhumaine », a fustigé le patron de l’ONU Antonio Guterres, en marge du sommet arabe à Bagdad, demandant un « cessez-le-feu permanent ». Une déclaration finale du sommet arabe a réclamé des pressions internationales accrues pour stopper « l’effusion de sang » dans l’enclave. Allié de l’Etat hébreu, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a réitéré samedi sur la chaîne CBS son appel au cessez-le-feu mais a blâmé le Hamas, refusant de se prononcer sur la nouvelle offensive sioniste. Or les USA avaient promis au Hamas avec qui ils ont négocié directement la libération du prisonnier à double nationalité états-unienne et sioniste, en contrepartie d’un cessez-le-feu mais ils ont trahi le contrat moral. Sans accord sur la libération des prisonniers, « nous anticipons qu’Israël poursuivra ses opérations », a jugé Rubio, cynique.
La Norvège, l’Islande, l’Irlande, le Luxembourg, Malte, la Slovénie et l’Espagne ont adopté une position similaire dans une déclaration conjointe publiée vendredi. « Nous ne resterons pas silencieux devant la catastrophe humanitaire artificiellement créée qui se déroule sous nos yeux dans la bande de Gaza », est-il indiqué dans le communiqué. Soulignant que des dizaines de milliers de personnes ont déjà perdu la vie, les sept pays ont averti que, à défaut d’une intervention urgente, beaucoup plus risquent de faire face à une situation de famine dans les prochains jours et les prochaines semaines. Ils ont en conséquence exhorté le gouvernement sioniste à « inverser immédiatement sa politique actuelle », à lever pleinement le blocus et à permettre un accès humanitaire rapide et sans entrave à Gaza. Ils ont également réaffirmé leur engagement envers une solution à deux Etats et le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, s’engageant à travailler dans le cadre des Nations Unies et en coopération avec des partenaires régionaux pour rechercher une résolution pacifique et durable. S’exprimant samedi à l’occasion du 34e Sommet de la Ligue arabe à Bagdad, Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, a demandé à la communauté internationale de faire pression pour mettre fin à ce qu’il a appelé le « massacre à Gaza ». Il a par ailleurs annoncé que Madrid projette une résolution des Nations unies visant à demander une décision d’un tribunal mondial sur l’accès à l’aide dans la bande de Gaza.
Les dirigeants mondiaux doivent « intensifier notre pression » sur l’Etat hébreu « pour arrêter le massacre dans la bande de Gaza, en particulier à travers les canaux qui nous sont offerts par le droit international », a poursuivi le chef du gouvernement espagnol, soulignant que la mise en œuvre de la solution à deux Etats est la seule voie vers la paix. Antonio Tajani, le ministre italien des Affaires étrangères, a également critiqué les opérations militaires de l’entité sioniste. Samedi, il a réaffirmé l’engagement de l’Italie envers un cessez-le-feu et une solution à deux Etats. « Il est temps de parvenir enfin à un cessez-le-feu parce que la population civile est épuisée, elle ne peut plus résister aux attaques continues », a-t-il ajouté.
La semaine dernière, Caspar Veldkamp, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, a affirmé que les forces sioniste ont gravement violé l’Accord d’association Union européenne-Israël signé en 2000 et demandé au bloc de lancer une enquête sur le respect de l’accord par l’Etat hébreu dans le cadre d’un examen plus large des relations entre l’Union européenne et l’entité sioniste. Selon Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, les ministres des Affaires étrangères du bloc devraient se réunir le 20 mai pour discuter de la proposition néerlandaise d’examiner l’accord à la lumière des opérations sionistes dans la bande de Gaza.
De son côté, Tom Fletcher, sous-secrétaire général des Nations unies pour les affaires humanitaires et coordinateur des secours d’urgence, qui a également demandé une « aide rapide et sans entrave pour les civils dans le besoin » dans la bande de Gaza, quelque 160.000 palettes de biens humanitaires sont prêts à être distribués. Cependant, a-t-il noté, parallèlement à l’escalade militaire, l’entité sioniste a bloqué l’entrée de l’aide humanitaire dans l’enclave.

