Signe d’une légère tension sur le financement : Les banques américaines empruntent 1,5 milliard de dollars auprès de la Fed
Les banques américaines ont emprunté 1,5 milliard de dollars auprès du dispositif permanent de prise en pension (Standing Repo Facility, SRF) de la Réserve fédérale lundi, date limite pour le paiement trimestriel de l’impôt sur les sociétés et le règlement de la dette du Trésor, selon les données de la Fed. Ce recours suggère une certaine tension pour honorer les obligations de financement. Le SRF agit comme filet de sécurité en cas de pénurie de liquidités. Lancé en juillet 2021 à la suite de la pandémie de Covid-19, ce mécanisme propose deux fois par jour des prêts au jour le jour contre des garanties éligibles, telles que les titres du Trésor. La date de paiement de l’impôt sur les sociétés coïncide avec le règlement d’importantes émissions récentes de titres du Trésor, selon les analystes. Les données du cabinet de recherche Wrightson ICAP indiquent qu’environ 78 milliards de dollars de paiements étaient dus au Trésor lundi également. Ces règlements, combinés aux paiements d’impôts, devraient porter le solde de trésorerie du Trésor américain à plus de 870 milliards de dollars. Les institutions financières américaines ont emprunté 1,5 milliard de dollars le matin, sans nouvel emprunt l’après-midi. Le 30 juin, les institutions financières avaient emprunté environ 11,1 milliards de dollars via le SRF, principalement adossés à des titres du Trésor, soit le montant le plus élevé depuis la création du dispositif il y a quatre ans. «La faible utilisation du SRF aujourd’hui est conforme à nos attentes et reflète des niveaux élevés de taux repo, offrant potentiellement à certaines banques ou courtiers l’opportunité de se financer auprès de la Fed pour ensuite prêter ces fonds», analyse Steven Zeng, stratégiste taux chez Deutsche Bank. «La liquidité est tendue aujourd’hui car les fonds monétaires disposent de moins d’excédents à prêter, ayant privilégié les bons du Trésor et conservé des liquidités en prévision des rachats à l’approche de la date de paiement de l’impôt sur les sociétés», a-t-il ajouté. Avant ces paiements, les taux des opérations de pension livrée (repo), tels que le Secured Overnight Financing Rate (SOFR), ont dépassé le taux d’intérêt versé sur les réserves bancaires (IORB). Le SOFR, qui mesure le coût d’emprunt au jour le jour contre des titres du Trésor, a atteint 4,42 % vendredi dernier, égalant le niveau du 5 septembre, un sommet sur deux mois. À titre de comparaison, le taux d’intérêt sur les réserves bancaires (IORB) s’établit actuellement à 4,40 %. Le SOFR est censé évoluer à un niveau égal ou inférieur à l’IORB, puisque les banques peuvent toujours placer leurs liquidités sans risque à la Fed et percevoir ce taux. Mais si le SOFR le dépasse, cela indique une demande exceptionnelle de financement garanti par des titres du Trésor, phénomène généralement observé lors des règlements d’adjudications du Trésor. Teresa Ho, directrice générale et responsable de la stratégie de court terme chez JPMorgan à New York, a souligné dans une note récente que si des niveaux plus fermes du SOFR étaient attendus, «l’ampleur de la hausse nous a quelque peu surpris». Elle précise que les marchés ont globalement absorbé sans difficulté l’offre supplémentaire de bons du Trésor, mais que la réallocation des fonds monétaires du repo vers les bons du Trésor s’est accélérée en août, ces fonds allongeant fortement la maturité moyenne de leurs portefeuilles, anticipant d’éventuelles baisses de taux de la Fed. Les analystes estiment que la pression sur la liquidité observée lundi devrait être temporaire. «Les conditions de financement ne montreront qu’une pression supplémentaire typique d’une importante échéance de règlement de coupons du Trésor et d’une date limite d’impôt trimestriel, sans aller jusqu’à provoquer une véritable crise de financement», écrit Lou Crandall, chef économiste chez Wrightson.
