Génocide en Palestine : L’armée sioniste dit qu’elle frappera Gaza-Ville avec « une force sans précédent »
L’armée sioniste a prévenu vendredi qu’elle allait frapper avec une « force sans précédent » Gaza-Ville après la fuite de près d’un demi-million d’habitants face à une offensive majeure largement décriée par la communauté internationale.
Fort du soutien américain, l’entité sioniste a annoncé le début mardi d’une campagne militaire terrestre et aérienne à Gaza-Ville, dans le nord du territoire palestinien, pour prétendument y anéantir le mouvement islamiste palestinien Hamas mais en réalité avec pour objectif premier de détruire tout ce qui reste encore debout dans la bande de Gaza, dans l’espoir de pouvoir occuper les terres et de les exploiter avec les Américains. « Les forces sionistes vont continuer leurs opérations avec une force sans précédent », a affirmé le colonel Avichay Adraee, porte-parole de l’armée sioniste, appelant la population à évacuer la ville. Mais les habitants décrivent une situation chaotique. « Nous n’avons nulle part où aller », témoigne auprès de l’AFP Oum Mohamed Al-Hattab, une Palestinienne du camp de réfugiés de Chati, dans l’ouest de Gaza-Ville. « Mes sept enfants et moi vivons encore dans des tentes dans l’ouest de la ville après que l’armée sioniste ait bombardé notre maison », a-t-elle ajouté. L’ONU estimait fin août à environ un million le nombre d’habitants dans la ville de Gaza et ses environs. Selon l’armée sioniste, 480.000 personnes ont fui la zone depuis cette date, 450.000 selon la Défense civile de la bande de Gaza, une organisation de premiers secours opérant sous l’autorité du Hamas. Selon des bilans fournis par les hôpitaux gazaouis, les opérations sionistes ont tué au moins 41 personnes dans l’ensemble du territoire vendredi, dont 11 à Gaza-Ville.
L’exode
La Défense civile a rapporté des tirs et des frappes à Gaza-Ville et Khan Younès (sud). L’armée sioniste a indiqué vendredi que ses troupes continuaient « d’élargir leur activité » à Gaza-Ville, ajoutant avoir trouvé des armes et « éliminé des terroristes ». Avichay Adraee a annoncé la fermeture d’une route d’évacuation temporaire ouverte 48 heures plus tôt, précisant que la seule voie vers le sud était désormais la route côtière d’Al-Rachid. Cette route était une nouvelle fois vendredi saturée de personnes fuyant vers le sud, à pied, en voiture ou sur des charrettes tirées par des ânes, comme on les voit dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.
Nivine Ahmed, 50 ans, a fui le sud de Gaza-Ville vers la ville centrale de Deir Al-Balah jeudi, à pied, avec sept membres de sa famille. « Nous avons marché plus de 15 kilomètres, a-t-elle déclaré. Mon plus jeune fils a pleuré de fatigue. Nous avons tiré tour à tour une petite charrette avec quelques affaires. » Mona Abdel Karim, 36 ans, a indiqué qu’elle n’a pas pu trouver un moyen de transport vers le sud et dort avec sa famille sur la route aAl-Rachid depuis deux nuits en attendant un chauffeur. « Nous ne pouvons pas marcher à pied, les parents de mon mari sont âgés et malades, et les enfants sont trop faibles », a-t-elle ajouté. « Avec beaucoup de difficultés, nous avons trouvé hier un moyen de partir tôt ce matin, nous avons préparé nos affaires et attendu pendant de longues heures, mais le chauffeur n’est pas venu et il ne répond plus, a déclaré Khaled Al-Majdalani depuis l’ouest de la ville. Nous devons chercher une autre solution (…) sinon nous allons mourir. »
Condamnations
En 2023, l’armée sioniste a lancé une offensive génocidaire dévastatrice qui a fait des centaines de milliers de morts et provoqué un désastre humanitaire dans le petit territoire, où quelque deux millions de Palestiniens assiégés ont été plusieurs fois déplacés depuis le début de la guerre il y a bientôt deux ans. Son offensive sur Gaza-ville a valu à l’entité sioniste de sévères nouvelles condamnations à l’international. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déploré une situation « moralement, politiquement et légalement intolérable » dans la bande de Gaza. Paris a, de son côté, exhorté l’entité sioniste à « mettre fin à cette campagne destructrice », tandis que Londres l’a qualifiée de « totalement irresponsable et épouvantable ». Les Etats-Unis ont une nouvelle fois bloqué jeudi l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’un texte réclamant un cessez-le-feu et l’accès humanitaire à Gaza, un projet porté par la majorité des membres. Mardi, une commission d’enquête indépendante mandatée par l’ONU a établi que l’Etat hébreu commettait un génocide contre les Palestiniens dans la bande de Gaza.


