Génocide en Palestine : Deux adolescents palestiniens tués par l’armée sioniste
L’Autorité palestinienne a annoncé jeudi que des soldats sionistes ont tué dans le sud de la Cisjordanie deux adolescents de 15 ans, présentés par l’armée de l’Etat hébreu comme des « terroristes en passe de perpétrer une attaque ».
Le ministère de la Santé palestinien a annoncé sans plus de détail « le martyre de Bilal Bahaa Ali Baaran (15 ans) et Mohammad Mahmoud Abou Ayache (15 ans) tués par des balles de l’occupation [sioniste], cet après-midi, jeudi, près de Beit Omar, au nord de Hébron », grande ville du sud de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l’Etat hébreu depuis 1967. L’armée sioniste a reconnu avoir tué ces jeunes sans fournir de détails sur cette affaire intervenant sur fond de recrudescence des crimes sionistes en Cisjordanie, qui ont atteint en octobre un pic inédit en près de deux décennies selon l’ONU.
Jeudi également, le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, basée à Ramallah, a accusé des colons sionistes d’avoir incendié la mosquée Hajja Hamida à Dayr Istiya, dans le nord de la Cisjordanie. Un photographe sur place a vu des murs noircis, des corans brûlés et des graffitis sur un mur de la mosquée. « Cela viole, et de façon flagrante, le caractère sacré des lieux de culte et reflète le racisme profond des colons qui agissent en se plaçant sous la protection du gouvernement de l’occupation », a déclaré dans un communiqué le ministère. L’armée sioniste a déclaré que des forces de sécurité avaient été dépêchées sur les lieux après avoir reçu « des informations et des images […] concernant des suspects ayant incendié une mosquée et tagué des graffitis ». Les soldats sionistes prétendent n’avoir identifié aucun suspect sur place, et condamne « toute forme de violence ».
Un « schéma de violences extrémistes »
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné l’attaque de la mosquée, jugeant « que de tels actes de violence et de profanation de lieux de culte sont inacceptables », a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric, dénonçant « un schéma de croissance de violences extrémistes qui attisent les tensions et doivent cesser immédiatement ». La veille, le lieutenant général Eyal Zamir, chef d’état-major de l’armée sioniste avait affirmé vouloir mettre fin aux attaques commises par des colons juifs en Cisjordanie, territoire palestinien où vivent désormais plus de 500.000 sionistes dans des colonies que l’ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque 3 millions de Palestiniens.
« L’armée ne tolérera pas de comportements criminels de la part d’une petite minorité qui ternit l’image d’une population respectueuse des lois », a déclaré le général Zamir, alors que nombre de témoignages accusent les soldats sionistes de rester passifs face à la violence de ces colons.
Ces dernières semaines, les attaques attribuées à des colons, jeunes, et de plus en plus violents et organisés, se sont multipliées en Cisjordanie, visant des Palestiniens mais aussi des militants israéliens ou étrangers contre la colonisation, des journalistes, et parfois des soldats. Les violences ont explosé dans ce territoire depuis le début de la guerre de Gaza déclenchée par l’attaque sanglante du mouvement palestinien Hamas le 7 octobre 2023 sur le sud des territoires occupés par l’entité sioniste. Elles n’ont pas cessé, loin de là, avec la trêve fragile en vigueur dans la bande de Gaza depuis le 10 octobre.
Au moins 1.005 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, y ont été tués par des soldats ou des colons sionistes, selon un décompte à partir de données de l’Autorité palestinienne. Dans le même temps, selon des données officielles sionistes, au moins 36 sionistes, parmi lesquels des civils et des soldats sionistes, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors de raids militaires sionistes.

