À la uneAlbum photosÉconomie

Londres va faire du ménage dans les textes contraignants hérités de l’Union européenne

Le nouveau ministre des Finances du Royaume-Uni Nadhim Zahawi a détaillé hier, mardi, ses mesures pour « saisir les opportunités du Brexit » pour la finance britannique. Cette annonce était très attendue par le secteur des « affaires » mais suscite aussi des craintes. Nadhim Zahawi, nouveau ministre des Finances du Royaume-Uni, s’apprête à s’adresser aux représentants du quartier des affaires londonien pour « définir ses priorités pour contrôler l’inflation, stimuler la reprise du secteur privé et proposer une vision post-Brexit pour les services financiers ». Le ministre s’engagera notamment à « abroger des centaines de textes législatifs hérités de l’Union européenne et à les remplacer par une approche cohérente et agile de la réglementation financière qui convient » au Royaume-Uni. Ces déclarations alimentent les craintes d’un bras de fer avec la Banque d’Angleterre (BoE), alors que des informations de presse font état d’un projet de loi qui réduira les pouvoirs des régulateurs. Des responsables de la Banque d’Angleterre, et notamment son gouverneur Andrew Bailey, ont récemment rappelé leur attachement à l’indépendance de l’institution, critiquée par certains des candidats conservateurs à la succession de Boris Johnson pour avoir été trop timoré dans sa lutte contre l’inflation. Un rapport parlementaire mettait par ailleurs en garde, en juin, contre « tout affaiblissement non approprié des strictes normes réglementaires du Royaume-Uni », qui pourrait notamment « réduire la résilience du système financier britannique et saper la confiance internationale ». Près de 60 personnalités, essentiellement des universitaires, s’étaient aussi inquiétées en mai que des règles post-Brexit, plus souples pour la finance, pourraient conduire à un nivellement par le bas, pointant notamment la possible tentation d’assouplir les règles de lutte contre le blanchiment d’argent pour attirer les ultra-riches du monde entier. Londres a déjà lancé une réforme de la réglementation des assurances, qui prévoit d’assouplir les exigences en termes de fonds propres des entreprises du secteur pour débloquer « des dizaines de milliards de livres » pour des investissements « verts » et dans les infrastructures. Le discours du ministre sera d’autant plus scruté que les bonnes nouvelles sont rares. Si le produit intérieur brut du Royaume-Uni a rebondi de 0,5% en mai, l’inflation continue de peser sur l’économie britannique. « Le rythme de la croissance en aura surpris plus d’un », estime Danni Hewson, analyste chez AJ Bell, mais les Britanniques « ont simplement vécu leur vie » en préparant notamment leurs vacances d’été : « ils ont encore de l’argent de côté pour se permettre de faire un voyage ou deux ». Mais gare au poids de l’inflation, au plus haut en 40 ans dans le pays (+9,1% en mai), qui alimente la crise du coût de la vie et met toute l’économie britannique sous pression. Les hausses de prix forcent les ménages à réduire leurs dépenses superflues et « portent un coup » à des pans entiers de l’économie. Les économistes s’attendaient à voir l’économie stagner en mai et préviennent que le PIB risque de repartir à la baisse en juin, en particulier en raison d’un jour férié supplémentaire accordé pour le jubilé de la reine Elizabeth II. Indice supplémentaire que les ménages se serrent un peu plus la ceinture, les ventes au détail au Royaume-Uni ont vu les volumes chuter en juin à un rythme qui rappelle les heures sombres de la pandémie, a prévenu hier, mardi, la fédération de commerçants BRC. L’économie britannique a tourné au ralenti en mai comme en juin selon l’indice PMI Flash Composite de S&P Global et CIPS, considéré comme un baromètre avancé de la croissance, qui relevait fin juin que « la demande a quasiment calé ». « C’est toujours formidable de voir l’économie croître, mais je ne suis pas dupe. Je sais que les gens sont inquiets, alors nous continuons à soutenir les familles et la croissance économique », a assuré le nouvel homme fort des finances. Nadhim Zahawi, le nouveau ministre des Finances, est par ailleurs candidat à la succession de Boris Johnson. Respecté parmi les Britanniques après le succès de la campagne de vaccination anti-Covid qu’il avait supervisée, il est né à Bagdad de parents kurdes en juin 1967. Arrivé au Royaume-Uni à l’âge de neuf ans. Il a fondé la société d’études de marché YouGov en 2000 et en a démissionné dix ans plus tard pour se lancer en politique. R.E

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page