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Zone euro : Pour Christine Lagarde, le combat contre l’inflation n’est pas fini

La Banque centrale européenne ( BCE) doit encore poursuivre sa lutte contre la hausse des prix à la consommation, a réitéré lundi dernier sa présidente.
Christine Lagarde a profité de cette prise de parole pour répéter le mantra actuel de l’institution, selon lequel le maintien de taux élevés pendant «suffisamment longtemps » aidera à restaurer la stabilité des prix. En effet, si l’inflation amorce une légère baisse, l’instabilité de la situation géopolitique au Proche-Orient, notamment, pourrait peser ses prochains mois. Après avoir affirmé être sur le chemin d’un reflux certain de l’inflation, la patronne de l’institution monétaire européenne vient brider son optimisme d’antan. Si Christine Lagarde a assuré lundi s’attendre à ce que les pressions inflationnistes continuent de s’atténuer, la Française a jugé que les perspectives à moyen terme étaient entourées d’une «incertitude considérable». «Ce n’est pas le moment de commencer à déclarer victoire», a-t-elle lancé, lors d’un discours à la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. «Nous devons rester attentifs aux différentes forces affectant l’inflation et fermement concentrés sur notre mandat de stabilité des prix», a-t-elle ajouté. Des propos que la présidente de l’institution monétaire a déjà tenus la semaine dernière. Elle avait alors prévenu qu’il n’était «pas encore temps de crier victoire». Et ce, même si la hausse générale des prix s’est affichée à +2,9% dans la zone euro en octobre, bien loin du pic supérieur à +10% observé à la même période l’an dernier. Les pays partageant la monnaie unique ont en effet pu compter sur une rechute des prix de l’énergie, et une accalmie sur les prix des denrées alimentaires et d’autres biens, voire des services. La croissance des salaires reste toutefois élevée et les perspectives très incertaines. Notamment concernant l’évolution de la situation au Proche-Orient. Le conflit opposant Israël et le Hamas pourrait «entraîner des chocs liés à l’offre d’énergie», avec «des conséquences négatives à la fois sur la croissance et sur l’inflation à l’échelle mondiale». En clair, la BCE doit poursuivre sa lutte contre la hausse des prix, a appuyé Christine Lagarde ce lundi. Depuis juillet 2022, pour tenter de juguler une inflation galopante, la BCE s’est lancée dans une politique de resserrement monétaire. Elle a progressivement relevé ses taux directeurs, à raison de dix hausses successives, les établissant dans une fourchette entre 4% et 4,75%. Le principal taux directeur rémunérant les dépôts, référence pour le crédit en zone euro, a ainsi été porté à son niveau historiquement haut de 4%. L’institution monétaire a par la suite opté pour une pause lors de sa dernière réunion d’octobre, sans pour autant baisser ses taux. Car des taux élevés entraînent des taux d’intérêt eux aussi élevés qui, couplés à l’affaiblissement de la croissance économique et au ralentissement du marché du travail, vont aider à ramener l’inflation à l’objectif de 2%, a assuré Christine Lagarde. Lundi dernier, la présidente de la BCE a profité de cette prise de parole pour répéter le mantra actuel de son institution, selon lequel le maintien de taux élevés pendant «suffisamment longtemps» aidera à restaurer la stabilité des prix. Reste que les marchés ont commencé à anticiper une première baisse de taux l’an prochain, dès avril ou juin. Et, au sein même de la BCE, des hauts responsables ont porté cette voix. Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, a affirmé, le 9 novembre dernier, que «nous sommes en train de gagner la bataille contre l’inflation et sauf surprise, sauf choc, la hausse de nos taux directeurs, c’est fini». D’autres ont ensuite voulu calmer le jeu, à l’instar du président de la Bundesbank Joachim Nagel. Ce dernier a prévenu qu’«il ne serait pas judicieux de commencer à réduire les taux d’intérêt trop tôt». D’autres responsables de la politique monétaires se sont même placés en opposition directe à François Villeroy de Galhau. Le banquier central autrichien, Robert Holzmann, a notamment affirmé que le deuxième trimestre 2024 était tout simplement prématuré pour anticiper une baisse des taux. Même son de cloche pour Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, qui a même demandé de ne pas «fermer la porte à une nouvelle hausse» des taux d’intérêt. Le président de la Banque centrale belge, Pierre Wunsch, a de son côté affirmé qu’au lieu d’assouplir sa politique, la BCE devrait la resserrer davantage, en mettant fin plus tôt à ses achats d’obligations dans le cadre du programme d’achat d’urgence en cas de pandémie de 1.700 milliards d’euros. Sur ce sujet, la présidente de la BCE se montre ouverte ce lundi. «Il s’agit d’une question qui sera probablement discutée et examinée au sein du Conseil des gouverneurs dans un avenir assez proche, et nous réexaminerons éventuellement cette proposition», a déclaré Christine Lagarde devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
R.E.

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