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Droits de douane : Washington maintient la pression à l’approche du 1er août

A quelques jours de l’échéance du 1er août fixée par Donald Trump, les négociations se poursuivent entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux. Une échéance qui sera difficile à tenir compte tenu de la complexité des négociations. La seule certitude, c’est que Washington imposera des droits de douane.

Pour chaque pays, l’enjeu est maintenant d’obtenir le meilleur accord possible. L’administration Trump n’entend pas conclure des accords commerciaux dans la précipitation à l’approche de la date butoir du 1er août, a assuré lundi le secrétaire au Trésor, Scott Bessent. Pour Washington, la qualité prime sur la rapidité, alors que les pays n’ayant pas scellé d’accord s’exposent à de lourdes taxes douanières dès le mois prochain. « Nous n’allons pas nous précipiter juste pour le principe de conclure des accords », a déclaré Bessent sur la chaîne CNBC. Il a précisé que le président Donald Trump déciderait seul d’une éventuelle prolongation du délai pour les pays engagés dans des discussions jugées constructives. « Si nous revenons d’une manière ou d’une autre à la taxe douanière du 1er août, je pense qu’un niveau de droits de douane plus élevé mettra davantage de pression sur ces pays pour obtenir de meilleurs accords », a-t-il insisté. Malgré une guerre commerciale déclenchée avec la plupart des partenaires des États-Unis, l’objectif de Donald Trump de finaliser des accords avec une multitude de pays reste encore largement inachevé. Les pourparlers avec l’Union européenne, l’Inde, le Japon et d’autres nations s’avèrent plus laborieux que prévu. La question des droits de douane devrait être également être au menu de la rencontre prévue aujourd’hui à la Maison-Blanche entre Donald Trump et son homologue philippin, Ferdinand Marcos Jr. Face au durcissement de ton américain, l’Union européenne réfléchit à une riposte plus large. Des diplomates européens évoquent la mise en place de contre-mesures, dans un contexte où les chances de parvenir à un accord équilibré avec Washington semblent s’amenuiser. Plusieurs États membres, dont l’Allemagne, envisagent d’utiliser des mécanismes « anti-coercition » pour restreindre l’accès des entreprises américaines aux marchés publics ou cibler les services. « Les négociations sur le niveau des droits de douane sont actuellement très intenses », a déclaré le chancelier allemand Friedrich Merz. « Les Américains ne sont manifestement pas disposés à accepter un arrangement tarifaire symétrique. » Si la question des mesures de rétorsion est au cœur des débats ces derniers jours, les Européens semblent malgré tout prêts à accepter un accord asymétrique. Au mieux, ils peuvent espérer un tariff de 10% qui inclurait des exemptions pour certains secteurs clés, comme ce fut le cas pour le Royaume-Uni. Du côté des négociations avec les pays asiatiques, Scott Bessent était en déplacement ce week-end au Japon. A l’issue de ce déplacement, il a affirmé que Washington restait concentré sur les intérêts économiques américains, bien plus que sur la conjoncture politique japonaise. Le principal négociateur commercial japonais, Ryosei Akazawa, est d’ailleurs reparti pour Washington lundi matin pour une huitième visite en trois mois. Cette nouvelle mission intervient alors que le gouvernement du Premier ministre Shigeru Ishiba vient de subir une lourde défaite aux élections à la Chambre haute, conséquence notamment du mécontentement des électeurs face aux politiques douanières américaines. En parallèle, les négociateurs indiens ont regagné New Delhi après près d’une semaine de discussions à Washington. Selon plusieurs sources gouvernementales, les espoirs de parvenir à un accord commercial intérimaire avant la date fatidique du 1er août s’amenuisent rapidement. Mais pour les Américains, c’est le dossier chinois qui reste le plus important. Scott Bessent a affirmé que de nouvelles discussions devraient se tenir très prochainement. « La situation commerciale est bonne, et nous pouvons désormais aborder d’autres sujets », a-t-il déclaré, tout en rappelant que Pékin demeure l’un des principaux acheteurs de pétrole iranien et russe sous sanctions. Il a aussi mentionné le « rééquilibrage majeur » attendu de l’économie chinoise, soulignant la surcapacité persistante dans certains secteurs industriels comme l’acier. Lors de l’émission « Mornings with Maria » sur Fox Business Network, Scott Bessent a indiqué qu’il rencontrerait la semaine prochaine son homologue chinois pour discuter d’une prolongation de la date limite du 12 août.

 

 

 

 

 

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