Conflit israélo-palestinien : Atrocité des bombardements de Gaza

L’entité sioniste a bombardé Gaza et annoncé la découverte des corps de 1.500 hommes du Hamas dans des villes du sud d’Israël reprises par l’armée lors de combats acharnés près de l’enclave palestinienne au quatrième jour de la guerre déclenchée par une offensive du mouvement islamiste armé.
Après avoir franchi samedi matin la barrière frontalière qu’Israël considérait imprenable, des hommes du Hamas s’étaient engouffrés dans des localités juives du sud d’Israël, étaient allés dans des postes de police et de l’armée, enlevant des soldats er des civils pour les ramener dans la bande de Gaza. Depuis, l’armée israélienne pilonne cette enclave palestinienne contrôlée par le Hamas, qui avait lancé des attaques terrestres, aériennes et maritimes sans précédent, provoquant la sidération en Israël. Plus de 900 personnes ont été tuées en Israël depuis le début de l’offensive samedi, la pire des attaques durant les 75 ans d’histoire du pays. Côté palestinien, 687 personnes ont été tuées, selon les autorités locales. Trois journalistes palestiniens ont été tués mardi par une frappe israélienne à Gaza. « Environ 1.500 corps de (combattants) du Hamas auraient été retrouvés autour de la bande de Gaza », selon le lieutenant-colonel Richard Hecht, porte-parole de l’armée israélienne dont les propos témoignent de l’ampleur de l’attaque du Hamas dans le sud d’Israël. L’armée, qui avait jusque-là évoqué un millier de combattants palestiniens infiltrés, a « plus ou moins repris le contrôle de la clôture à la frontière » avec Gaza « mais des infiltrations peuvent encore arriver », a ajouté le colonel Hecht. Nombre de ressortissants d’autres pays, certains ayant aussi la nationalité israélienne, ont été tués dans l’offensive du Hamas, notamment 18 Thaïlandais, 10 Népalais, 11 Américains, 4 Français, 7 Argentins, 2 Ukrainiennes, 2 Russes, 1 Britannique, 1 Cambodgien et 1 Canadien, selon les autorités de ces pays.
Les Etats-Unis, qui ont commencé dimanche à envoyer de l’aide militaire à Israël avec de nouvelles munitions et à rapprocher leur groupe aéronaval en Méditerranée, ont affirmé lundi soir n’avoir « aucune intention d’envoyer des troupes », selon un porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain. Israël a imposé lundi un « siège total » à la bande de Gaza, tandis que le Hamas a menacé d’exécuter des otages enlevés en Israël en réaction aux frappes israéliennes sur cette bande de terre exigüe où s’entassent 2,3 millions d’habitants.
L’ONU a indiqué hier que le siège total de la bande de Gaza était « interdit » par le droit international humanitaire, et que la guerre entre le Hamas et Israël avait déplacé plus de 187.500 personnes à l’intérieur de la bande de Gaza. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé hier l’ouverture d’un couloir humanitaire vers la bande de Gaza bouclée, autour de laquelle des dizaines de milliers de soldats israéliens ont été déployés. Israël avait retiré ses troupes et évacué les colons de la bande de Gaza en 2005 après avoir occupé ce territoire depuis 1967. Mais il a gardé le contrôle de l’espace aérien et des eaux territoriales et a imposé un blocus depuis 2007, contrôlant strictement le passage des biens et des personnes entre Israël et l’enclave palestinienne.
Dans la foulée de l’annonce du « siège » de Gaza, Israël a ordonné la « coupure immédiate » de l’approvisionnement en eau de l’enclave, après les suspensions des livraisons d’électricité et de nourriture. L’armée a par ailleurs annoncé avoir tué « plusieurs suspects armés » qui s’étaient infiltrés en Israël à partir du Liban. Le Hezbollah libanais, bête noire d’Israël, a affirmé lundi avoir bombardé deux casernes israéliennes, en réponse à la mort de trois de ses membres par des bombardements israéliens sur une zone frontalière dans le sud du Liban, sur fond de craintes d’escalade sur un autre front. Depuis l’attaque du Hamas, « El Qods est une ville fantôme, déplore Mary Bahba, une quadragénaire palestinienne visiblement très inquiète de la suite des événements. Les gens ont peur, ils doivent aller travailler, mais ils craignent d’être maltraités dans les rues israéliennes à cause de la guerre. »
L’offensive du Hamas a été lancée 50 ans et un jour après la guerre israélo-arabe de 1973 qui avait pris Israël totalement par surprise et fait 2.600 morts côté israélien en trois semaines de combats. Les Brigades Al-Qassam, branche militaire du Hamas, ont annoncé avoir déclenché cette offensive majeure pour « mettre fin aux crimes de l’occupation », en référence à l’occupation israélienne des territoires palestiniens.

