Syrie : Le groupe islamiste HTS doit être « jugé sur ses actes », selon le gouvernent allemand
Le groupe islamiste HTS, à la tête de la coalition rebelle qui a provoqué la chute du président syrien Bachar al-Assad, doit être « jugé sur ses actes », en particulier le traitement des minorités, a souligné hier le gouvernement allemand.
Ancienne branche d’al-Qaïda en Syrie, organisation avec laquelle elle a rompu en 2016, Hayat Tahrir al-Sham (HTS) est toujours classée par les chancelleries occidentales comme un groupe « terroriste ». Mais « elle a accompli des choses ces derniers jours et, que nous le voulions ou non, elle jouera un rôle dans l’évolution à venir du nouvel ordre en Syrie », a déclaré à la presse Sebastian Fischer, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « On doit la juger sur ses actes », a-t-il encore dit, soulignant les « efforts » démontrés récemment par l’organisation. HTS « s’est efforcé, ces derniers mois et années, de se démarquer de ses origines djihadistes », a « mis en place une administration civile dans son fief d’Idleb », a « appelé à la protection des minorités à Alep » ou encore « mis en garde contre des actes de vengeance », a fait remarquer M. Fischer. Mais la région d’Idleb, contrôlée par HTS, n’est « pas un paradis démocratique » avec des civils « emprisonnés pour avoir des opinions et des comportements différents », a aussi souligné M. Fischer. Le « traitement des civils et en particulier des minorités dans les zones qu’ils contrôlent » permettra de déterminer « si ces efforts peuvent désormais être pris au sérieux », a-t-il encore dit.

